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  • Gilbert Ouellette

Centre de production de Netflix à Toronto Une bonne nouvelle, mais...

Updated: Apr 15, 2019

Par Gilbert Ouellette, président du Groupe Évolumédia



(Creabiz.news – 20 février 2019) L’annonce, le 19 février, que Netflix va louer des studios et des espaces de travail dans le secteur portuaire de Toronto a suscité son lot d’attention. Évidemment, lorsqu’on communique la création potentielle de 1850 emplois, ça représente toujours de la bonne matière pour les médias et les politiciens.

Toutefois, il est important de mettre ces chiffres en perspective à l’échelle canadienne où le secteur génère l’équivalent de 171 000 emplois, dont 77 000 liés à la production étrangère, essentiellement américaine. Cette annonce équivaut donc de 1 à 2 % de l’ensemble des emplois du secteur.

Aussi, même si les montants en investissement de Netflix à Toronto n’ont pas été dévoilés, il est fort à parier qu’ils représentent qu’un maigre pourcentage des 15 G US$ en contenu que l’entreprise prévoit dépenser en 2019.

Cette annonce met aussi en perspective l’engagement pris par Netflix d’investir 500 M$ sur cinq ans à l’issu d’une entente conclue, en septembre 2017, avec la ministre Mélanie Joly. Beaucoup ont alors reproché au gouvernement Trudeau d’avoir fait un deal permettant à l’entreprise américaine de se soustraire aux taxes de vente et à une contribution au contenu canadien via le Fonds des médias du Canada.


Ne pas tout mélanger


Netflix, selon diverses sources, engrangerait environ 400 M$ en 2019 en abonnements au Canada. En appliquant à ce montant la taxe fédérale de vente de 5 %, on arrive à un beau gros 20 M$ par année. On est donc loin du 100 M$ annoncé. Et il faut comprendre que cette somme irait au budget consolidé de l’état et non pas à la production de contenu.

De forcer Netflix à contribuer au Fonds des médias du Canada est par ailleurs tout à fait contraire aux principes de ce fonds, alimenté par les entreprises de distribution de radiodiffusion (câblodistributeurs, service par satellites et autres) et Patrimoine canadien. Cette logique d’une redevance, d’environ 5 %, nous mènerait aux mêmes 20 M$ par année sur l’ensemble des revenus d’abonnements.

Enfin, ce débat nous entraîne aussi sur le fait que les fournisseurs d’accès internet (FAI) au pays ne contribuent aucunement à la production de contenu canadien. Leur argument : ils ne sont que des opérateurs de « tuyaux » et ne contrôlent donc pas ce qui est distribué sur leur réseau.

Une logique qui tient de moins en moins la route lorsque l’on constate que la diffusion de contenu sur Netflix peut à elle seule accaparer le tiers du trafic total d’internet en heures de pointe. Et ça peut aller jusqu’à 50 % si on y ajoute YouTube.

À 60 $ par mois en moyenne pour une connexion internet, on pourrait donc facilement attribuer 30 $ qui est payé pour la distribution de contenu audiovisuel. Dans ce contexte, il est certainement plus que temps de réviser les politiques publiques à cet égard...

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